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La photo.

La photo.

La photo.

Avait-il une conscience? N'avait-il que cette envie ignoble d'exercer sa passion dans ses moindres détails ? Était-il véritablement un homme ? Ou était-il quelque chose comme un robot métallique qui ne ressent que l'huile et l'eau qui coule sur ses plaques ?
Réalisait-il ce qui se produisait devant ses yeux ?
Evidement qu'il le réalisait. C'était même pour ça qu'il était là. C'était pour ça !
Ses doigts se crispèrent autour de l'appareil noir, une goute de sueur coula et tomba sans bruit sur le sol boueux. Son ½il perçait à travers l'objectif. Il observait tout. Tout ça. Toute la cérémonie, tous les hommes vêtus de blanc, tous les noirs déshabillés... Il vit leurs saluts, et les larmes des autres. Il vit aussi les fouets qui s'agitaient dans les airs, les dernières prières des victimes, le feu qui s'allumait peu à peu sur le bucher... Il vit la lune, comme lui, qui regardait tout. Qui regardait tout ça. Il entendit leurs chants, et les cris des autres. Il vit et entendit je chant diabolique du plaisir mélangé au chant de la souffrance. Il en avait entendu parler, il en avait vu des représentations... Mais rien n'était comparable à ça. Ca.

Il poussa sur le bouton du dessus qui fit résonner un petit « tilt ». Avait-il une conscience? N'avait-il que cette envie ignoble d'exercer sa passion dans ses moindres détails ? Qui sait ce qui l'était, ce qui le poussait à tout photographier. Il aurait pu essayer de se révolter, sachant qu'il finirait à son tour enflammé sur le bucher. Il aurait pu s'enfuir voyant tout ce mal s'exercer face à lui.... Mais il était resté. Et il photographiait. Avait-il une conscience?
Il vit les yeux d'un des noirs. Il y vit refléter les flammes. Des flammes, des centaines de flammes,... Et pas une seul flamme d'espoir. Et le noir fermi les yeux.

Les hommes, en blanc, se séparèrent plus tard dans la nuit, laissant les cendres des pauvres noirs sur le sol. Les rayons de la lune leurs rendaient un dernier hommage en caressant le sol boueux et... poussiéreux.
Une fois sûr que tous ces hommes, si l'on pouvait les considérer comme des êtres humains, étaient partis, disparus, rentrés dans leurs familles, rentrés près de leur femme qui ne se doutait de rien, rentrés chez eux, où il ferait semblant qu'ils étaient innocents, où il ferait semblant qu'ils étaient tolérants, il se leva des buissons, l'appareil en main. Il y'avait un semblant de larme dans ses yeux. Un semblant. Il marcha jusqu'à chez lui, cherchant du regard le moindre... « homme ».
Il ne dormit pas de la nuit. Il ne fit que discuter avec son associer. Il ne fit que travailler sur leur article. Il s'effondra vers dix heures, quand le soleil était bien levé, sur son lit. Il cauchemarda, mais ne regretta pas. Il ne regretta pas, ça.

Le jour qui suivit, le journal de la région publia un article accompagné d'une des photos prises par notre passionné. Et l'article fut repris dans plusieurs régions du pays...
La photo fit le tour du monde, et le monde fit tourner la photo...
Avait-il une conscience? N'avait-il que cette envie ignoble d'exercer sa passion dans ses moindres détails ? Quoi qu'il en soit, sa photo fit mobiliser les autorités et la population. Quoi qu'il en soit sa photo a changé des choses, beaucoup de choses...

Avait-il une conscience ? Oui, surement.





Toujours pour eux * C'est une histoire un peu triste qui révèle à quel point le métier de journaliste peut être dur mais aussi bon pour le monde. Je ne parle évidement pas des paparazzis à deux balles xD Moi je veux être journaliste, car il y'a encore trop de choses sur cette terre qu'il faut changer... Et il y'en aura surement toujours...
Mais oui, j'ai une conscience =)






# Posté le lundi 21 juillet 2008 11:13

Modifié le vendredi 25 juillet 2008 09:28

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