La fille au vernis noir.
Ce récit n'est pas une histoire d'amour. C'est une histoire de réalité. C'est le récit de ma vie et de la sienne.
C'est tout, sauf une histoire d'amour. Elle, je la connaissais. Cheveux longs toujours en queue de cheval, le dernier tailleur Chanel, un sourire de temps à autres, des manières conformistes, manucure, pédicure... La fille que personne n'aimait, pas agréable, insatiable. Celle que je n'aurais jamais aimée. D'ailleurs je ne l'ai jamais aimée. Pas elle. Pas celle-là.
Je la voyais traverser la cour avec ses copines tirées à quatre épingles, j'entendais les moqueries sur son compte, les rumeurs, et je suivais le troupeau. Je ne la connaissais pas. Je ne l'aimais pas. Et je me fichais bien du monde.
Et puis il y a eu cette soirée. Ce vendredi soir. Cette fête à notre école. Le concert annuel. Mes amis et moi dans la foule.
Et... elle est arrivée.
Bien sur je l'ai reconnu mais... Elle avait les cheveux lâchés, du crayon, du mascara autour des yeux, une veste en jeans sombre, un léger sourire aux lèvres et du vernis noir... Oui, du vernis noir. Est-ce ça qui l'a changée ? Je n'en sais rien.
C'est tout, sauf une histoire d'amour, croyez moi !
Un de mes amis est allé près d'elle. Ils sont revenus à deux. Elle avait changé. Tout le monde l'avait remarqué. Elle parlait, riait, courait et disait des tonnes de conneries. On lui demandait si elle était bourrée et elle répondait qu'elle était seulement elle-même. Seulement elle-même...
La musique était Rock 'N Roll et elle, elle était belle. Il pleuvait légèrement dans la foule et elle riait, dansait sans s'arrêter. Dans le jardin de la petite école il faisait froid. Elle se blottissait, de temps à autres, contre moi, c'était la nuit, son vernis était noir.
Je ne la reconnaissais pas. Je lui dis : « Tu as changée... ». Et elle continua à danser sous la pluie. Je le prenais comme une réponse positive. Ou négative...
Quelque chose en moi avait changé mes sentiments, comme si ma haine s'était transformée en quelque chose de tellement semblable... Comme si j'étais passé du « je te hais. » à « je t'aime. »
Je vous assure que c'est tout, sauf une histoire d'amour !
Sa main m'agrippa et m'enleva de la foule. Ensemble, nous nous éloignions de la scène, des gens qui crient, des gens qui sautent, des gens qui vivent, pour aller un peu plus loin... Là où la lumière se faisait plus rare.
Elle mit ses bras autour de moi et souffla. Elle me dit qu'elle était morte. Elle rigola. Elle me dit qu'elle avait un rire nerveux. Qu'elle s'amusait comme une folle. Qu'elle voulait retourner danser pour toujours et ne surtout pas s'arrêter. Surtout pas s'arrêter. Elle plongea ses yeux dans les miens l'espace d'un instant. Le plus bel instant de ma vie. Notre instant. Ses mains se sont enlevées de mon corps. Son vernis noir reflétait dans mes yeux. Est-ce ça qui la changeait ? Elle me prit par le bras, me ramena dans la foule et se mit a sauté comme une bête en furie. Ses cheveux montaient et descendaient. Je l'aimais. Nan. Je vous le redis : C'est tout, sauf une histoire d'amour.
Sur sa chanson préférée elle posa ses lèvres sur les miennes. Je ne cru pas mes lèvres. Cette sensation humidement agréable ne pouvait être réelle. Elle souria ensuite et m'entraîna au milieu des gens. Je ne voyais qu'elle. Ses cheveux lâchés, son crayon, son mascara autour des yeux, sa veste en jeans sombre, son léger sourire aux lèvres et son vernis noir...
Nous sommes rentrés ensemble alors que la soirée se terminait. On riait, et nous disions beaucoup trop de bêtises. Mais on riait. Tous les deux.
Tout le week-end j'ai pensé à elle. Je résistais à l'envie de l'appeler. Pourquoi ? Je ne sais pas...
J'ai foncé le lundi matin à l'école, et je l'ai vu arrivé. Cheveux longs, en queue de cheval, le dernier tailleur Chanel, des manières conformistes, manucure, pédicure...
Pas un sourire. Pas un rire. Ce n'était plus celle que j'avais aimée... C'était celle que tout le monde détestait. Pas agréable, insatiable, pas celle... Pas la mienne.
Je vous l'avais dit : c'est tout, sauf une histoire d'amour ! Si il m'arrive encore de prononcez son nom dans mes songe, ce n'est pas d'elle que je parle, c'est de la fille ... au vernis noir. La seule et véritable. Celle qui riait, dansait, ... Celle qui m'embrassa. Celle qui avait changé pour un soir.
Je vous l'avais dit que ce n'était pas une histoire d'amour. C'est une histoire entre elle et moi. Elle, une fille, qui un seul et unique soir a décidé de se montrer telle qu'elle était vraiment. Telle qu'elle ne sera sûrement plus jamais de peur d'être différente des autres ou peut être... peur d'être comme les autres ? Elle fit comme la plupart des gens font, elle se décida un soir d'enlever son masque pour le remettre au matin et oublier... Et aussi, me faire oublier qu'un soir elle fut...
la fille au vernis noir. En mémoire de cette soirée si particulière [#]
<3 Vous aviez cru... vous aviez cru que j'avais enfin décidé d'écrire une histoire d'amour xD, Pardoooooooon
Je n'y suis pas arrivée...
(Non, pas le buché!)